Historique

Le premier banquet Silencieux, organisé par Ferdinand Berthier (sourd) et Alfred Bocquin (sourd et aveugle) a eu lieu le 30 novembre 1834, à l’occasion du 122ème anniversaire de la naissance de l’Abbé de l’Épée. Cette tradition continue d’être honorée dans presque tous les pays d’Europe et aux Etats-Unis.

A cette époque, de nombreuses associations, notamment régionales, se créent. On notera un Comité de défense des sourds-muets, une société centrale, une société d’assistance, une société centrale d’éducation et d’assistance, une société universelle et bien d’autres.

La culture des sourds commence à se répandre. Le monde associatif des sourds s’organise mais les difficultés financières rencontrées bouleversent souvent ces associations encore fragiles et créent des conflits qui provoquent un enchaînement de créations et de disparitions d’associations.

Malgré la décision du congrès de Milan (1880) de ne pas utiliser la Langue des Signes dans les écoles, les sourds continuent à se regrouper. La Langue des Signes se transmet d’une génération à l’autre grâce aux jeunes sourds qui sont principalement en internat et qui continuent à s’exprimer en signes en se cachant du regard des entendants par peur de la punition.

Au fil des ans, les adultes sourds tentent de créer une fédération mais sans succès.

Le premier regroupement des associations de sourds en France fut fondé en 1893.

Le 31 décembre 1897, la Fédération des Sociétés françaises des Sourds-muets a été déclarée auprès du ministère de l’Intérieur, elle a été remaniée en 1933 sous la présidence de M. Eugène RUBEN – ALCAIS.

A la fin de l’année 1937, il y avait 265 sociétés adhérentes, représentant 8.500 membres.

Après la 2e guerre mondiale, cette fédération continue, mais se créent les organismes suivants :

- Union nationale des Amicales d’Anciens élèves des Instituts de Sourds de France (fondée en 1949)
- Comité National de Coordination des Sociétés silencieuses de France et d’Outre-Mer (fondé en 1955) Rivalités…

Manque d’Union et de Coordination.

La Fédération des Sociétés françaises de Sourds-Muets disparaît en 1959.

Le Comité National de coordination modifie ses statuts et devient « Fédération Nationale des Associations de Sourds de France » en 1963.

L’idée d’une fédération unique et plus représentative ne fut pas abandonnée pour autant.

Les 28 et 29 octobre 1964, une table ronde réunit, à l’INJS de Paris, les représentants de l’Union des Amicales, ceux de la Fédération Nationale des Associations de Sourds de France et la Fédération Sportive des Sourds de France pour étudier les modalités d’une fédération unique.

Elle fut suivie d’autres réunions en février et novembre 1965, ainsi qu’en janvier 1966.

Finalement, le 2 mai 1966, un accord fut conclu et l’on se mit d’accord sur une CONFEDERATION NATIONALE DES SOURDS DE FRANCE. Un bureau provisoire fut composé.

Le 8 septembre de la même année, les statuts de cette confédération furent acceptés et les démarches furent faites pour leur dépôt à la Préfecture de Police de Paris (10 octobre) sous le N° 66-1303 et la Déclaration au Journal Officiel (26 octobre).

Cette Confédération regroupait alors :

- la Fédération Nationale des Associations de Sourds de France ;
- l’Union Nationale des Amicales des Institutions des Sourds de France ;
- la Fédération Sportive des Sourds de France.

En 1970, la Fédération Sportive des Sourds de France se retire du comité national pour des raisons de relations avec son ministère de tutelle (Jeunesse et Sports), alors que le Comité National était sous celle du ministère des Affaires Sociales.

Deux ans plus tard, l’Union Nationale des Amicales (20 avril 1972) et la Fédération Nationale des Associations de Sourds (29 avril 1972) décidaient leur dissolution pour ne former qu’un seul groupe à la CNSF.

En août 1971, la CNSF avait l’honneur d’organiser, à Paris, le 6ème Congrès de la Fédération Mondiale des Sourds. Ce fut alors le point de départ pour des activités nationales plus étendues.

En 1976, les membres de l’UNESCO, branche de l’ONU, constatèrent que les sourds français manquaient d’une instance culturelle.

La CNSF a obtenu l’agrément du Ministère de la Jeunesse et des Sports comme Fédération d’Éducation Populaire.

Depuis 1951, la Confédération fait partie de la Fédération Mondiale des Sourds (FMS), dite aujourd’hui World Fédération for the Deaf (WFD).

Par décret du 24 septembre 1982, la C.N.S.F. obtient l’agrément d’association reconnue d’utilité publique.

En 1985, le Secrétariat régional de la Communauté Européenne de la Fédération Mondiale des Sourds – dite aujourd’hui European Union Deaf (EUD) – est créé. La Confédération Nationale des Sourds-Muets de France y est affiliée.

En 1987, elle devient la Fédération Nationale des Sourds de France telle que nous la connaissons aujourd’hui. Elle se bat pour l’amélioration de l’éducation (enseignement supérieur), la reconnaissance de la Langue des Signes, le développement de l’interprétariat, des sous-titrages, de la culture (art, théâtre, etc.)

1994-1996 : La FNSF propose diverses formations dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’histoire des sourds, des services aux associations adhérentes, du service social et juridique.

1997 : La FNSF subit une crise financière et économique.

1998 : Création de deux projets importants :

- la Charte des Droits du Sourd : qui a pour objectif d’améliorer la vie quotidienne des sourds en leur permettant d’être reconnus citoyens à part entière ;
- le futur réseau de la FNSF « PROVAS » : création d’antennes régionales.
- Dépôt de redressement judiciaire auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris ;
- Approbation officielle des statuts à l’Assemblée Générale Extraordinaire du 30 octobre à Grenoble.

2001 : Comme un juste retour des choses, la FNSF organise le premier gala en décembre pour rendre hommage aux valeurs et aux qualités de son fondateur, Ferdinand Berthier.

La FNSF crée trois secteurs importants : secteur « Droits des Sourds », secteur « Information & Communication » et secteur « Patrimoine culturel ».

En 2002 : Création des 5 Plans d’Actions (Opération «Solidarité Sourde» ; Gratuité totale d’Interprétation ; Action AEPH 2003 ; Projet Fondation Sourde ; Etude Statistique LS et Charte LS). Le 4ème secteur « LSF/éducation » a été également créé.

La FNSF lance le projet de création du site WebSourd qui verra le jour en 2003 et le trésorier général a effectué ses malversations financières en octobre, puis la poursuite de plainte contre lui a été déclenchée.

En 2004 : le secrétaire général de la FNSF a bien déposé avec brio la proposition sur la  reconnaissance officielle de la LSF auprès de M. Serge VINCON, vice-président du Sénat, le 20 février 2004 à Montargis (Loiret), qui a été votée, le 1er mars lors de la 1ère lecture du projet de loi des handicapés au Sénat.

En 2005 : Le Président de la République Française M. Jacques CHIRAC a promulgué la nouvelle Loi n°2005-102 du 11 février 2005 (L’EGALITE des Droits et des Chances, la Participation et la Citoyenneté des Personnes Handicapées) tendant à reconnaître la reconnaissance officielle de la Langue des Signes Française (LSF).

Le 5ème secteur « Etudiants Sourds de France » a été adopté à l’Assemblée Générale de la FNSF, à Angoulême.

Le Sommet méditerranéen et européen des Sourds a connu le brillant succès avec la participation d’environ de 900 à 1000 participants, à Montpellier.

En 2006 : la place vacante au CNCPH est enfin obtenue, la célébration du 40ème anniversaire de la fondation de la FNSF a été également organisée.

En 2007 : le plan structurel d’organisation « Grande Famille Sourde » est adopté de principe à l’Assemblée Générale de la FNSF à Orléans.

En 2008 : Le projet du Conseil Supérieur de la Langue des Signes a été approuvé à l’AGE  de la FNSF à Villeurbanne le 28 novembre 2008

En 2009 : 3000 participants ont marché au rassemblement national à Paris sous l’égide de la Journée Mondiale des Sourds le 26 septembre 2009

En 2010 : la Convention Internationale des Droits de Personnes Handicapés a été ratifié et décrété le 1er avril 2010, cette convention marque l’égalité entre le français et la Langue des Signes française

Voici la liste des présidents qui se sont succédé depuis 1966:
- 1966 à 1969 : M. Pierre BERNHARD
- 1969 à 1971 : M. Max BRETON
- 1971 à 1972 : M. Jean DE FERRIERE
- 1972 à 1976 : M. Georges CHARBON
- 1976 à 1981 : Mlle Rose Marie RAYNAUD
- 1981 à 1986 : M. Jean DE FERRIERE
- 1986 à 1993 : Mlle Rose-Marie RAYNAUD
- 1993 à 1997 : Mme Arlette MOREL
- 1997 à 1998 : M. Pierre ADELINE
- 8 mai 1998 à 17 juin 2000 : M. Jacques SANGLA
- 17 juin 2000 à 20 mai 2004 : M. Adrien PELLETIER
- 20 mai 2004 à 15 décembre 2006 : M. Patrick FOURASTIE
-15 décembre 2006 à nos jours : M. Philippe BOYER