Bye bye Minitel !

Depuis le 30 juin, le Minitel a fait ses adieux à la France et laisse ainsi sa place à son successeur naturel : l’internet.

Après plus de 30 ans de bons et loyaux service, le Minitel a tiré sa révérence fin juin. Commercialisé en 1982 par France Télécom, l’appareil a vu ses derniers codes désactivés samedi soir, après avoir permis à des millions d’abonnés de consulter l’annuaire, de s’informer, de jouer ou encore de discuter sur des « messageries roses »… Pour les sourds, cette technologie a été une révolution dans leur vie quotidienne notamment avec le Minitel-Dialogue, l’équivalent du tchat aujourd’hui. Point noir cependant : les factures pouvaient parfois atteindre allégrement le millier de francs soit plusieurs centaines d’euros de nos jours. De par ses tarifs, le Minitel a donc été le sujet de bien des discordes dans les familles composées essentiellement d’ados sourds qui peinaient à lâcher leur clavier. Ouf ! Le Web a distendu l’atmosphère avec des prix largement plus abordables et en proposant les mêmes services tout en en créant d’autres (la visioconférence, l’échange de fichiers..).

Petite histoire du Minitel et des télécommunications à distance

Après l’adoption en France sans grand succès,  du TTY (Telephone Typewriter), développé dans les années 70-80  par  Robert Weitbrecht, un Américain sourd, le Minitel a fait son entrée dans les foyers des déficients auditifs  en 1985.

L’évolution technologique n’en était qu’à ses balbutiements puisque que France Télécom mettait ensuite en place dans les années 90, le premier centre relais via le Minitel. Ainsi commander sa pizza du midi ou régler ses problèmes administratifs devenaient déjà la fin d’un cauchemar.

Fin d’une période et début d’une nouvelle ère

Si le Minitel a été l’objet d’une hiérarchisation entre ceux qui disposaient de l’appareil et ceux qui en étaient privés, l’Internet a effacé peu à peu cette inégalité. Depuis une dizaine d’années le Web et Facebook, en particulier, représente en quelque sorte “le Foyer sourd”, où de nombreuses discussions animées, à la fois textuelles et filmées, ont cours. Le petit terminal franco-français a donc été très rapidement ringardisé par l’arrivée d’Internet à partir de 2002.

Pour autant entre 600.000 et 700.000 Minitels sont encore en circulation. France Télécom a mis en place une collecte dans toute la France, afin de récupérer les appareils qui seront démantelés dans la banlieue toulousaine, puis recyclés notamment en poste de télévision en noir et blanc…

Orange invite ceux qui le souhaitent à déposer leur terminal dans l’une de ses agences ou en relais Kiala, mais précise par ailleurs qu’aucune pénalité ne sera appliquée à ceux qui souhaiteraient le garder.

La communauté sourde fait donc ses adieux au Minitel sans grande tristesse toutefois grâce à la Toile. Cet outil de communication qui facilite déjà le quotidien des déficients auditifs est promis à un bel avenir, des progrès toujours plus fulgurants et dans un laps de temps toujours plus court.

Ouèèèèèb !

Photo artistique créé par Vincent QUENOT :

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